vendredi 23 février 2018

Paganisme, traditionalisme et savoir être inclusif


« Tradition » vient du latin tradere signifiant « transmettre »

Senicommenio, m. n. tradition 
- celtique ancien



Dans nos sociétés modernes et dégénérées, retrouver nos traditions ancestrales pour s'y ré-enraciner semble un processus un peu fou, c'est-à-dire hors normes ou hors de la masse. Pour la plupart d'entre nous qui avons ''une vie à faire'' en ce système totalisant, prendre le temps de s'intéresser aux choses essentielles intemporelles qui perdure face à ses promesses illusoires et éphémères est difficile. Ceux et celles qui souhaitent s'en libérer et aller au-delà se confrontent immanquablement aux mécanismes enchaînant de ce système et à l'incompréhension généralisée de ses enchaînés atomisés (c'est à dire : désunis, qui ne font plus communauté). C'est dans un tel contexte que je pense qu'il faut rester ouvert et disposé à s'entraider alors que le travail pour récupérer nos traditions reste toujours immense. En effet, les traditions occidentales sont occultées par des siècles de matérialisme triomphant ainsi que par l'épais brouillard moderniste et postmoderne d'aujourd'hui...     


Pour définir tradition et traditionalisme, il faut d'abord comprendre qu'elle ne se résume surtout pas au domaine de la culture et du folklore! La tradition est toujours fondamentalement totalisante (c'est-à-dire qu'elle touche tout les aspects de la vie humaine, spirituel et métaphysique). Sans entrer dans cette discussion, je vous réfère à l'excellent texte de l'auteur breton et chanteur Thierry Jolif : ''Sur la Tradition : Introduction à la tradition celtique'', d'où voici la définition qu'il nous propose de la Tradition : 



« L’ensemble d’une pensée métaphysique, corps de doctrine (dont la compréhension ouvre la voie à la réalisation intellectuelle, à une vie spirituelle riche et à l’initiation). » Sur la Tradition : Introduction à la tradition celtique, Thierry Jolif , http://www.religioperennis.org/documents/Jolif/introductioncelt.pdf


Être permissif et inclusif. 

Sur l'épineuse question de la définition que nous donnons même à nos communautés païennes et, au final, de la transmission de nos traditions, il faut surtout rester ouvert, permissif et inclusif. En cet ère de l'Âge du Fer, je pense que le communautarisme fermé n'est pas une solution et ne peut que restreindre les possibles de nos communautés.  

Sur la question de la participation de chacun et de chacune à nos communautés, je réponds que je ne suis pas un ''conditionaliste'' : je ne pose pas de condition par moi-même à la participation où non d'une autre personne; c'est à dire que je fais pleinement et inconditionnellement confiance en l’intelligence lumineuse de nos dieux et déesses pour bénir tous et toutes qui leurs sont digne.  


Voilà dans quel sens je suis à la fois permissif et inclusif (voir universaliste dans le sens d'une idée à vocation universelle.) : peut importe qui souhaite en son âme et conscience rendre honneur au même parcours spirituel et religieux que moi, je vais l'accepter. Il n'y aurait pas de plus grande faute pour cette personne d'être filou, masqué, d'être en réalité tout le contraire au devant du principe divin, soit : hypocrite, menteur,... Je fais pleinement confiance en mes dieux et déesses pour se défendre eux et elles-même sans être touché par la pensée hypocrite de qui que ce soi de mal intentionné.


Cette position se reconnaît bien dans le Jarnsaxa scale entre le degré 2 et 3 tel que présenté et traduit sur Un Tiers Chemin
''2. Toute personne qui veut pratiquer ma tradition religieuse peut le faire, indépendamment de son héritage génétique ou culturel. Les individus ont la liberté de choisir de suivre n’importe quelle religion, et je vais défendre ce droit pour le faire respecter. Tout le monde est le bienvenu dans mon groupe de pratique, et je suis prêt à participer à des rites aux côtés de n’importe quelle personne qui veut honorer mes Divinités.


3. Comme les liens avec les Divinités sont souvent liés à nos ancêtres (culturels ou génétiques), il est plus difficile pour ceux d’une origine différente de pratiquer ma tradition religieuse, mais ce n’est pas impossible. J’accepte que les Dieux et les Déesses puissent appeler qui ils veulent, et je suis prêt à participer à des rites aux côtés de n’importe quelle personne qui veut honorer mes Divinités.''

Remarquez que, dans un certain sens, j'aurais pu parler d'Inclusivisme; Sauf que la notion est déjà associée au christianisme. C'est à dire qu'avec la pratique des valeurs spirituelles les plus hautes, de devrions-nous pas tous et toutes finir sur un même chemin spirituel d'élévation? Et si ce sentier existait déjà depuis longtemps? Il y a dans la question d'une tradition primordiale de l'humanité quelque chose d'à la fois passionnant et d'effrayant... Cette idée, en effet, rendrait totale à l'humanité entière une métaphysique mythique immémoriale et, surtout, incontournable et universelle. Le père de cette idée de tradition primordiale est René Guénon dont les mots sont repris ici par l'historien Stéphane François : 
''Cependant, le mot « Tradition » au sens ésotérique et moderne du terme est apparu sous la plume de René Guénon qui affirma l’existence d’une « Tradition primordiale », dont tous les courants ésotériques, franc-maçonnerie comprise, et traditions religieuses en général ne seraient que des formes dégradées plus ou moins reconnaissables. Cette distinction apparaît dans son œuvre vers 1920. Selon lui, « la tradition primordiale est la source première et le fonds commun de toutes les formes traditionnelles particulières, et qui procèdent par adaptation aux conditions spéciales de tel peuple ou telle époque […]». '' - https://tempspresents.com/2009/07/22/stephane-francois-usage-esoterisme-et-nouvelle-droite/

Cette idée à le mérite aussi dans un certain sens de couper l'herbe sous le pied aux violents et aux missionnaires abrahamiques; en effet, ne pourrions-nous pas répondre que ce qu'ils peuvent percevoir de mauvais où comme sorcellerie chez les païens est en réalité une mystique naturelle populaire ayant la même source religieuse que tout autres traditions? Du point de vu païen, il est naturelle que la manifestation humaine de cette source soit multiple avec le temps, comme un fleuve qui provient de multiples rivières provenant d'un même bassin versant. 

Ceci dit, je ne suis pas certain d'adhérer moi-même à cette théorie qui, trop souvent, est reprise à tort par les tenants du néo-chamanisme NewAge (et même par certains tenants de la Wicca ) ... 
Au final, je crois beaucoup plus solide l'idée d'une tradition primordiale du monde dit indo-européen auxquels ses civilisations héritières peuvent se référer.   
" Les dieux ne sont pas morts : seule est morte notre perception des dieux. Ils ne sont pas partis : nous avons cessé de les voir [...] Mais ils continuent d’être là et de vivre comme ils ont toujours vécu, dans la même perfection et la même sérénité".
poète portugais Fernando Pessoa

Pour l'idéologie païenne antique, l'oubli est pire que la mort. Par conséquent, constatons que les fiers noms de nos divinités n'ont jamais été totalement effacés des mémoires collectives et ce peu importe lequel de leurs noms fût utilisés. Que nous rendions honneurs aux divinités irlandaises ou hindouistes, il s'agit toujours des mêmes puissances de l'Univers auxquels nous faisons références. Ces ''Puissances'' existent en soi; mais pour qu'elles puissent se manifester à nous et prendre forme en ce monde, elles doivent être nommée par l'entendement humain; c'est le Verbe vivant transmit par le souffle en ce monde qui inspire nos esprits à se connecter à ces Puissances. C'est ainsi que les dieux et déesses vivent en notre monde humain encore aujourd'hui.     

Une des grandes différences, dit-on, entre le paganisme et l'abrahamisme est la tolérance : mes dieux et déesses ne sont pas jaloux-ses et permettent les offrandes aux autres divinités. 

Cette distinction est importante puisque faisant parti du débat dont nous parlions plus haut, par exemple : nous pouvons parfaitement reconnaître des druidisant-Es de partout dans sur le globe rendant honneur aux pratiques de nos obédiences spirituelles sans toutefois qu'ils-elles partagent les mêmes racines ancestrales. 

Ceci dit, pour finir, je vous conseille la lecture instructive de cet article qui traite très bien des différences entre orthopraxie et orthodoxie et de leur grande importance mutuelle :  



Comment la « bonne pratique » nous permet d’éviter la « bonne croyance », Un Tiers Chemin, Publié le  par chatporon



Un texte auquel j'adhère totalement. 

Merci à vous pour votre lecture. 

Cleio Louernos


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RESSOURCE D' HISTOIRE : 

Paganisme traditionnel et néo-druidisme québécois

L’aventure du néo-druidisme québécois


Symbole druidique


''Je suis fils de Poésie, Poésie fille de Réflexion, Réflexion, fille de Méditation, Méditation, fille deScience, Science, fille de Recherche, Recherche, fille de Grande Science, Grande Science, fille deGrande Intelligence, Grande Intelligence, fille de Compréhension, Compréhension, fille de Sagesse,Sagesse, fille des Trois dieux de Dana. ''
« Le Dialogue des deux Sages ».


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