mercredi 17 février 2016

Le fléché enfin reconnu comme patrimoine immatériel du Québec!


La technique du fléché, et du même souffle la ceinture fléchée, est enfin reconnu comme patrimoine immatériel du Québec!

''Il était temps!'' diront plusieurs, dont moi-même! 
Une méchante question que de se demander pourquoi le ministère n'a pas reconnu cet héritage Québécois avant...?

Toujours est-il que c'est enfin chose faite et que nous nous réjouissons de cette nouvelle. Vous pouvez en savoir davantage à l'adresse web suivante du Ministère de la culture et des communications du Québec : 


Sur la page web, on apprend par exemple que : 
''Le fléché est une technique de tissage aux doigts qui relève du domaine de l'artisanat traditionnel et des métiers d'art. (...) Le fléché est un savoir-faire singulier dont les plus anciennes références écrites remontent à la fin du XVIIIe siècle. Cette technique de tissage aux doigts n'a jamais cessé d'être pratiquée, malgré des périodes successives de désintérêt et de revitalisation. (...)'' 

Cette reconnaissance fait suite aux nombreuses pressions de divers groupes culturels. Une pétition avait d'ailleurs circulé pour la reconnaissance de la ceinture fléchée par le ministère. 
Exemple : 

L'intention se basait sur le fait que : 
''La Loi sur le patrimoine culturel (chapitre P-9.002) donne au ministre de la Culture et des Communications le pouvoir de désigner des éléments du patrimoine immatériel (article 13).''


C'est l’Association des artisans de ceinture fléchée de Lanaudière inc. qui a étée l'initiatrice du mouvement qui a porté ses fruits. Je ne peux, par la même occasion, que vous encourager à lire leur livre : 


Histoire et origines de la ceinture fléchée traditionnelle dite de l'Assomption

Comme dit sur le site web de la Société Québécoise d'Ethnologie 

'' S’inspirant du rapport final sur La pratique du fléché au Québec, réalisé par notre collègue ethnologue Suzanne Marchand, (rédigé à la demande de la Ministre et remis à la Direction du patrimoine et de la muséologie en juillet 2011), l’Association a ainsi introduit sa requête en ligne :
« La technique de fabrication de la ceinture fléchée est un savoir-faire unique dans le monde et propre au Québec. Depuis maintenant plus de deux siècles, nous nous transmettons ce savoir-faire, de porteur de tradition à porteur de tradition. La ceinture fléchée fait partie de notre héritage culturel, au même titre que la technique dont elle est issue et une meilleure connaissance de ce savoir-faire traditionnel contribuerait sans doute à redorer son image. » ''

Naturellement, comme tout savoir-faire ancestral et vivant, le fléché a connu des évolutions avec le temps de part le raffinements des techniques et les goûts du jour, mais aussi par les influences venant des peuples autochtones, métis et de vagues d'immigrations d'Europe en Nouvelle-France (ensuite nommé Bas-Canada et province de Québec). Ces influences sont très bien décrites dans le livre de l'Association et dans d'autres sources. À titre d'exemple, un très complet article se retrouve ici sur ses influences : 

''La ceinture fléchée au carrefour des convoitises des communautés canadiennes-françaises, amérindiennes et métisses du Canada '' par François Simard et Louis-Pascal Rousseau de l'Université Laval.

''Résumé

Depuis le débat sur ses origines jusque dans son utilisation historique et actuelle, la ceinture fléchée a été valorisée par plusieurs communautés différentes. Historiquement, elle a été revendiquée par les Canadiens fiançais, les Autochtones et les Métis du Canada, qui s'en sont d'abord servi comme marqueur de prestige social, notamment dans le cadre de la traite des fourrures. De nos jours, elle est devenue un objet emblématique du patrimoine respectif de ces communautés. Les recherches en culture matérielle ont longtemps considéré que le repérage du parcours historique d'un objet permettait à lui seul d'étudier le sens qui était donné à l'objet par les collectivités en contact avec lui. Cet article se démarque en explorant la thèse selon laquelle le sens attribué à certains objets par des collectivités peut aussi être appréhendé par l'analyse de leurs caractéristiques matérielles inhérentes, ainsi que l'indique le parcours de la ceinture fléchée.''

Une origine des plus discutée donc. À titre d'effort de recherche approfondie sur la naissance du fléché en Nouvelle-France, nous souligons celui M. Michel-Gérald Boutet dans son étude :
Il y fait un travail anthropologique et historique extraordinaire pour nous rapprocher des origines de cette technique ancestrale. 

Il a également consacré une page sur son site web : 
Le fléché ou le Tissage aux doigts - par Boutios

Dans cet article, portant également sur la naissance de la ceinture fléchée, il remet les pendules à l'heures sur certaines idées apriori ou toutes faites. Il y parle ainsi des origines de la pratique du fléché, de son histoire, son évolution en Nouvelle-France, de la ceinture de l'Assomption et, finalement, de l'aspect unique des motifs. 


Et maintenant ?

Bien quoi, vous voulez apprendre a flécher maintenant ?  :)

Plusieurs ressources existent en ligne, je vous encourage d'abord à vous joindre au groupe Facebook : Les artisans de la ceinture fléchée

Vous pouvez vous nourrir sur le site web : 


Quelques vidéos sur Youtube : 

La confection de ceintures fléchées




Claudette Roberge, artisane de ceinture fléchée | Ste-Marie-Salomé





Et moi ?

Pour tout vous dire, j'en suis à mes débuts. Voici un bandeau fléché que je suis en train de faire : 


Vous devinez qu'il s'agit d'un motif de chevron, j'y ajoute un ''oeil'' au milieu présentement. 

Voilà! Merci de partager si vous aimez. 


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